Néonicotinoides : le grand retour du tueur d’abeilles

Alors même que la biodiversité est asphyxiée depuis de nombreuses années par l’utilisation massive de pesticides mais aussi par notre mode de vie consumériste, l’utilisation des Néonicotinoides fait son grand retour dans nos champs, sans aucune prise en considération des données bénéfices /risques. Cédant à la pression de l’industrie sucrière, le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, autorise le développement de ce pesticide toxique jusqu’en
2023, sonnant le glas d’un pas en avant pour l’écologie, et plus largement, pour le vivant. Décryptage des conséquences certaines d’une faute sanitaire et politique mais aussi de ses alternatives !

 

Pas d’alternative…vraiment ?

Face aux conséquences désastreuses de l’utilisation de ce pesticide sur la biodiversité et principalement sur les abeilles qui sont un élément capital pour assurer la préservation de l’Espèce, compte tenu du rôle de pollinisation qu’elles jouent, nous sommes en droit de nous interroger sur l’existence d’alternatives moins agressives pour le vivant.

Lutte biologique, lutte physique par application d’une couche protectrice du type huile de paraffine, argile, ou encore lutte par confusion sexuelle, force est de constater, qu’en France, les agriculteurs ne manquent pas de ressources non nocives en matière de lutte contre les insectes invasifs, pour peu qu’ils se donnent le temps d’en tester les bienfaits.

 

Une solution : changer notre modèle agricole

Et si le problème ne résidait pas uniquement dans l’utilisation de ce pesticide hautement toxique ? Et si l’une des solutions majeures résidait dans le fait de repenser les fondements de notre modèle agricole dans son ensemble ?

Aujourd’hui, notre société produit des denrées agricoles en monoculture sur de grandes parcelles ce qui fatigue et appauvrit les sols engendrant par là même la nécessité d’apporter de la nourriture chimique pour produire et guérir les plantes, nous conduisant tous, à terme, vers davantage de dangerosité.

Encourager le changement c’est aussi se questionner sur la pertinence de cultiver de plus petites parcelles, d’encadrer ces dernières par des corridors de haies champêtres et mellifères qui sont autant de refuges pour les insectes prédateurs de ravageurs et les oiseaux et sont indispensables à la santé des plantes.

Offrir des alternatives à l’utilisation massive de pesticides c’est aussi repenser de manière globale notre manière de vivre et faire le choix du vivant, quoi qu’il en coute, en voyageant moins pour limiter les grandes surfaces de production à destination des biocarburants, c’est manger bio et local, c’est encourager la diminution de consommation de produits d’origine animale comme la viande et les laitages, mais c’est aussi et surtout, essaimer, transmettre et sensibiliser nos enfants à la maison et à l’école à ces problématiques ainsi qu’à la nécessité de s’investir afin de faire émerger une nouvelle société plus respectueuse de l’environnement.